Les sportifs peuvent trouver dans de nombreuses techniques paramédicales les moyens d’améliorer leur hygiène de vie, leur équilibre, leur récupération et leur santé, au bénéfice de leurs performances. En agissant aussi bien sur les plans physique, psychique et émotionnel, le shiatsu est l’une de ces techniques et mérite que l’on s’y attarde un peu.

Par Rachid ZIANE & Anne MELCER - Praticienne de shiatsu depuis 2007, certifiée par la Fédération française de shiatsu traditionnel.

 

Les sportifs peuvent trouver dans de nombreuses techniques paramédicales les moyens d’améliorer leur hygiène de vie, leur équilibre, leur récupération et leur santé, au bénéfice de leurs performances. En agissant aussi bien sur les plans physique, psychique et émotionnel, le shiatsu est l’une de ces techniques et mérite que l’on s’y attarde un peu.

 

Qu’est-ce que le shiatsu ?

Le shiatsu est une technique énergétique manuelle japonaise, fondée, comme l’acupuncture, sur la médecine chinoise traditionnelle, elle-même émanation des grandes lois taoïstes. Le terme shiatsu remonte au début du XIXe siècle, mais il est très difficile de dater l’origine de cette discipline manuelle, tant elle est imbriquée dans l’histoire des massages chinois, tels que le Tui-Na, le Anma ou le Dian Xue An Mo, art de la maîtrise du Ki (faiblement traduit par « énergie » en français), qui se serait transmis au Japon aux VIIe et VIIIe siècles par les moines bouddhistes. Après la guerre, le shiatsu s’est également enrichi des apports de la médecine occidentale comme la chiropractie ou l’ostéopathie.

Ni massage, ni pratique de relaxation, le shiatsu est un art thérapeutique reconnu officiellement comme médecine à part entière par le gouvernement japonais en 1955. En 1997, le Parlement européen a classé le shiatsu comme « médecine non conventionnelle digne d’intérêt ».
Signifiant littéralement "pression des doigts", le shiatsu est bien autre chose que de l’acupuncture avec les doigts et met en œuvre  pressions, empaumements, étirements, percussions et vibrations selon les écoles et les besoins.

Pour la Fédération Française de Shiatsu Traditionnel : « Ni massage, ni idéologie, ni médecine au sens occidental du terme, le Shiatsu est une méthode de relaxation et de bien-être s'inscrivant dans le domaine de la prévention [...] La pratique du Shiatsu n’a, en aucun cas, de prétention médicale ou paramédicale. Elle apporte une aide et un accompagnement, mais ne se substitue, en aucune façon, à un quelconque acte médical ».

 

Le shiatsu en pratique

Le shiatsu est un soin global et non invasif qui restaure et équilibre la communication entre le corps et l’esprit. Il s’applique sur les chaînes musculo-tendineuses, visant à débloquer les tensions et à restaurer les fonctions, notamment la fonction motrice. Il stimule et draine la circulation des fluides corporels (sang, sécrétions, lymphe), participant à une meilleure alimentation des tissus conjonctifs. Le shiatsu traite également les viscères et le système endocrinien. Enfin, il touche profondément le système neural, apaisant le corps autant que l’esprit.

C’est un art thérapeutique  qui veille à la bonne circulation énergétique et à la libération des verrouillages physiologiques, psychiques et émotionnels

Fig. extraite de www.magaweb.fr

Ainsi, pour l’école Shiatsu do : « En libérant la circulation de l’énergie, on agit sur le plan physique bien sur mais aussi, en parallèle sur les plans psychique et émotionnel ». Corps et esprit ne sont pas considérés comme deux entités indépendantes. « En amenant le patient à se relâcher, en libérant progressivement les tensions, en favorisant le lâcher-prise, ou bien en réveillant des zones douloureuses c'est à l’histoire du corps et à sa lente construction qu'on fait appel. On fait aussi référence à l’accompagnement psychique et émotionnel que chacun apporte » (Ibid).

Quels sont les bienfaits du Shiatsu ?

 

Le shiatsu agit autant sur les douleurs physiques que les états mentaux. Il est ainsi particulièrement recommandé en cas de :

  • douleurs de dos, problèmes digestifs et intestinaux, douleurs articulaires, maux de tête, douleurs gynécologique
  • nervosité, anxiété, stress, troubles du sommeil, addictions, fatigue, surmenage, irascibilité, dépression nerveuse

Ses bienfaits sont variés et présentent un intérêt évident pour les sportifs :

  • réduire le stress et les tensions ;
  • apporter une détente physique et psychique ;
  •  restaurer, conserver et équilibrer le système énergétique dans sa globalité ;
  • stimuler et renforcer le système d’auto-guérison de l’organisme.

Le shiatsu fait merveille pour soutenir l’entrainement des sportifs et les préparer aux compétitions. Certaines séances se concentrent alors sur la qualité musculaire (notamment sa plasticité) et la capacité de récupération. D’autres, notamment à l’approche d’une épreuve ou d’un événement important, visent à calmer l’anxiété, à favoriser la concentration et le centrage du sportif. Dans tous les cas, une séance ne devra jamais avoir lieu moins de 48 heures avant une échéance difficile, ceci afin de laisser passer les éventuels effets secondaires. Après l’effort, le shiatsu limite les courbatures sur des muscles déjà douloureux à la pression. Pratiqué régulièrement, le shiatsu permet également de diminuer le risque d’accident musculaire et de développer la qualité respiratoire.
Des séances de shiatsu peuvent être programmées à l’issue de compétition ou d’entraînement particulièrement rudes. En dehors de toute planification, il peut être judicieux d’y recourir lorsque le besoin s’en fait ressentir (douleurs, blocage, tensions…).

 

Comment se déroule une séance ?

Une séance dure entre 45 minutes et une heure. Elle se pratique, traditionnellement, sur les vêtements, en position couchée (sur un futon ou sur une table) ou assise, à toute heure de la journée.
La séance commence toujours par un bilan énergétique : prise de pouls, observation générale du patient, assortie d’échanges verbaux. Ce bilan permet d’adapter la séance à l’état mental et physique de la personne traitée. La suite de la séance se passe dans le silence.
Le praticien effectue ensuite des pressions avec ses doigts et en particulier avec ses pouces, des empaumements, des étirements ou des percussions le long des méridiens. Un travail dit "en fluidique" (par la seule intention, sans travail dynamique) est parfois pertinent en cas de lésion, de grande fatigue, de zones hyper sensibles.
Le concept de méridien vient de la médecine traditionnelle chinoise. Il est l’un des éléments de la théorie ambas qui postule que l'énergie vitale du corps (Chi) circule à travers des canaux appelés méridiens.
La relation née entre le praticien et le patient est primordiale et doit être fondée sur la confiance, sur la bienveillance et le non jugement.
Les pressions, exercées par le praticien le long des méridiens, sont plus ou moins fortes et plus ou moins prolongées.

 

Fig. d’après Mercati, 2002

Conclusion

Le shiatsu peut permettre aux sportifs, à l’issue d’une compétition ou d’une période d’entraînement particulièrement intense :

  • de diminuer les tensions musculaires et nerveuses, ainsi que les blessures,
  • de restaurer un équilibre psychologique perturbé par les enjeux et les pressions,
  • de restaurer l’harmonie avec son environnement.

Cette technique agit ainsi au plan physiologique, émotionnel et convivial. Il s’agit d’une technique de prévention-santé.

 

Références